Autodidactes en informatique

S’il y a bien une constante que je retrouve à travers toutes mes expériences professionnelles, c’est qu’on vient bien de partout pour finir dans l’informatique. Je m’explique :

Parmi mes amis et connaissances, beaucoup sont partis avec des espérances, des rêves, et des aspirations différentes. Certains partis en école d’ingénieur, en prépa, à l’université, ou en école de médecine. Et beaucoup que je retrouve… en programmation, en intégration, en architecte ou juste plus généralement « dans l’informatique ».

De là à dire que je n’ai que des amis geek, il n’y qu’un pas. Ce pas, je ne le franchirai pas, car beaucoup ne sont pas geeks, mais ils appartiennent tous à la génération Y, ergo ils savent se débrouiller en informatique. Et c’est à la fois là leur chance et leur malheur, car pour certaines personnes que j’ai pu croiser durant ma carrière, leur coeur de métier, leur formation, était bien plus orienté mécanique, électronique, finance, voire biochimie…

Seulement par manque de travail et par facilité, l’informatique leur a proposé un meilleur job, donc ils l’ont pris.

Je ne vais pas parler des circonstances, de la vie, de la conjoncture ou de l’absurdité d’une telle situation. Juste constater que pour beaucoup l’informatique n’est pas un métier auquel ils sont formés.

Complètement hors de propos (quoique…), je suis allé le week-end dernier perdre quelques heures à la bibliothèque de mon quartier. Et comme nous sommes en France, l’inscription à la bibliothèque, au moins pour emprunter des livres, est gratuite. Qu’a cela ne tienne, je décide de me faire faire une carte de bibliothèque (après quelque chose comme 10 ans sans en avoir eu une… (je ne compte pas l’école d’ingénieur)).

Enfin, plus par déformation professionnelle que par envie, je me retrouver à flâner dans la section informatique… pour enfin en sortir dépité, un relan de « photoshop pour les nuls », « ILife 98 », et « Je suis vieux apprends moi à cliquer » dans l’estomac.

C’est plus là le coeur de cet article, si l’on part du principe, facilement vérifiable, que les trois quarts des employés de l’industrie informatique sont des autodidactes (ex. france.fr, voyages-sncf, etc.) alors pourquoi n’y a t il aucun moyen d’arriver à trouver de quoi se former dans une bibliothèque Française ?

J’irais même plus loin, en posant les constats suivant :

  • il est difficile de trouver un mauvais livre O’Reilly (je n’en connais aucun mauvais) ;
  • il est plus facile de trouver des livres vides dans la collection Eyrolle (mais la moyenne reste encore largement positive) ;
  • mais surtout, il existe de bons auteurs en France, des gens qui se bougent comme Emmanuel Bernard, Arnaud Héritier et Nicolas De Loof.

Alors avant de disparaître dans l’oubli d’une ancienne génération qui préférait les livres aux « Ebooks sur Ipad », peut-être pourrions nous essayer de diminuer l’obligation d’avoir des ouvrages techniques franco-français dans nos bibliothèque ? ou encore mieux, promouvoir nos auteurs pour qu’un ouvrage technique ne soit pas qu’une perte comptable dans leur bilan ?

En attendant voilà une série d’ouvrages destinés à ouvrir un peu l’esprit, tout en restant technique :

Sur ces (bonnes ou mauvaises) paroles, Vale.

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3 Commentaires

  1. Il faut bien distinguer les biblio de quartier et les biblio spécialisées. Par exemple, à Paris 8, mon ancienne fac, qui n’était pas pourtant bien fortunée, tu pouvais trouver des books très pointues sur la programmation fonctionnelle, l’architecture logicielle, l’algorithmie et j’en passe. A noter, que l’accès était libre. Une biblio de quartier a plus vocation d’être généraliste, mais je comprends ce que tu dis et j’en ai un bon exemple. J’ai voulu il y un an de cela, donner d’anciens livres d’informatique en anglais et français sur Maven, ANT, Java, l’architecture des ordinateurs et j’en passe à la biblio de Poissy pour ne pas la citer… Les livres étaient en très bon état et encore d’actualité, mais malgré cela, ils n’en n’ont pas voulu pour je ne sais plus quelles raisons. J’ai trouvé ça navrant.
    Quant à ton constat sur les profils d’autodidactes en informatique, je pense que cela peut s’expliquer de plusieurs raisons. Le demande en main d’oeuvre toujours croissante en info et la pénurie qui va avec, le fait que cette discipline ne soit pas encore reconnue comme secteur industriel majeur, à l’instar des Ponts ou les Telecom… Ou bien parque qu’elle a un côté encore fun ?

  2. Si seulement il n’y avait que les bibliothèques… J’ai été assez déçu quand la collection O’Reilly en français a disparu il y a quelques années.

    Mais ça veut dire quelque chose : il n’y a pas de public. Si les seuls livres qu’on trouve en bibliothèque sont du genre « pour les nuls » c’est parce qu’ils sont destinés aux retraités qui cherchent à se mettre au niveau de la fameuse « génération Y ».

    Mais de quoi on parle là, de quelle informatique ? Parce qu’en France on met tout sous ce grand chapeau : les « Computer Science » et « Software Engineering » du reste du monde mais aussi les gamins qui bidouillent leur fond d’écran sur Photoshop ou jailbreakent leur iPhone. Pas étonnant qu’il n’y ait aucune reconnaissance.

  3. En même temps, c’est un mal pour un bien de n’avoir plus d’ouvrages en français pour l’informatique. Car il faut le reconnaître, les principales innovations sont faites à l’étranger et même lorsque qu’un français publie un ouvrage, il espère toucher un max de monde dans le monde. Et donc, attendre la traduction d’un ouvrage en français revient souvent à se pénaliser d’un train de retard…

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